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Pour le Dialogue National : Unique voie pour mieux baliser l’avenir de la Nation

L’heure de vérité a sonné et le sort en est jeté. Le chef de l’Etat a pris ses responsabilités devant la nation et l’histoire : le peuple congolais est appelé à assumer son destin parce qu’il doit le dégager à travers un consensus qu’il doit atteindre à travers le dialogue national.

Devant des problèmes qui obstruent l’horizon politique, voici qu’avec une rare perspicacité et une lucidité visionnaire, l’autorité en qui le peuple congolais a investi sa confiance, invite, dans un esprit de partenariat et avec l’idée de survie de la nation chevillée au corps, toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté à la table de négociations afin de proposer des solutions aux blocages qui pourraient advenir dans le processus qui mènent au choix de nos dirigeants de demain. La prévention caractérise les hommes qui ont une vision forte pour leur communauté. Il vaut mieux prévenir que guérir, enseigne la sagesse populaire.

Les esprits clairvoyants et doublés d’un sens élevé de responsabilité, en ont appelé à la sagesse des acteurs politiques pour se rendre à l’évidence selon laquelle avoir des élections apaisées requiert la résolution d’un certain nombre de difficultés qui émaillent le chemin qui y mène.

Après un tour d’horizon inclusif et après que toutes les voix se soient exprimées, il s’est imposé l’évidence d’organiser un dialogue politique national. Suivant l’opinion de la majorité des acteurs sociaux et politiques et après avoir attendu une possible alternative crédible au dialogue, le Président de la République a convoqué à bon escient les assises pour trouver les voies et moyens pour baliser le chemin du processus électoral. Il ne pouvait en être autrement lorsqu’une analyse rigoureuse et objective laisse voir que le calendrier voulu global nécessite la prise en compte d’un certain nombre de paramètres pour que les Congolais exercent leurs droits constitutionnels de se choisir librement leurs dirigeants. Sept scrutins sont inscrits au calendrier global tel que rendu public. Sa concrétisation relève d’une prouesse qui exige le concours de tous. Des bonnes élections sont le fruit d’une bonne préparation. La vie de la nation vaut plus que la tenue d’élections à la hussarde et dans n’importe quelles conditions. A coup sûr, en impliquant tous les protagonistes, il est fort possible que le génie congolais trouve la solution qui mette tout le monde d’accord. Un étalement intelligent de ces élections est la voie idoine qui puisse nous sortir de l’impasse. Personne n’ayant le pouvoir constitutionnel de faire changer à la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) de calendrier, il vaut mieux en discuter et arriver à un compromis national pour que cette volonté populaire suggère à cette dernière d’adapter son calendrier aux réalités nouvelles.

Le fichier électoral qui devra servir de base à la tenue d’élections crédibles est, de l’avis de tous les observateurs, dans un état qui ne reflète pas la réalité du nombre et de l’effectivité des votants. Bien plus, plusieurs Congolais en âge de voter et ceux de nos compatriotes ayant choisi de vivre à l’extérieur de nos frontières, ceux revenus volontairement ou ceux victimes d’expulsion de pays étrangers ne peuvent pas exercer leurs droits de citoyens du fait qu’ils ne figurent pas sur les listes d’enrôlement. Ceux qui ont changé d’adresse ou ceux qui, malheureusement, sont morts continuent à figurer dans ce fichier entamant la crédibilité de celui-ci tant il ne fournit plus des informations véridiques.

Le fichier électoral est donc à ce jour en total déphasage par rapport aux données de terrain. Il devient hasardeux, aléatoire voire dangereux d’amener le peuple congolais aux élections dans ces conditions car cela ouvrirait la voie aux contestations innombrables et même aux conflits interminables. Une personne empreinte de valeurs patriotes et imbue de nationalisme et consciente des intérêts nationaux peut-elle élégamment et consciencieusement appeler à aller aux élections avec un fichier dépassé par la dynamique sociale et la réalité des statistiques requises pour la rectitude des scrutins ? Cela serait suicidaire.

Une autre difficulté est liée aux conditions de sécurité avant, pendant et après les opérations électorales. Nous savons que, en tant que pays post-conflit, la RDC vit sous des fragilités dans certaines parties de notre territoire. Ce contexte en lui-même incite à plus de subtilité et de délicatesse dans le traitement du dossier. Hors, on le voit dans plusieurs pays africains, les esprits sont souvent à blanc à l’occasion de la tenue d’élections. Des appels à la violence de la part des perdants sans compter des incitations à fragiliser le tissu social et la concorde nationale sont le lot quotidien des campagnes électorales dans le contexte où certains partis politiques sont en carence de projet de société à proposer aux électeurs. Il est donc impérieux de forger un surcroît de sécurité pour garantir la pérennité de la nation en parallèle avec la nécessité incontournable et constitutionnellement établie de renouveler les mandats politiques à travers les élections.

Etant donné l’abondance des matières électorales dans un pays aussi vaste que toute l’Europe occidentale réunie et avec une démographie conséquente, les coûts des élections apparaissent de plus en plus comme exponentiels. Tous les budgets explosent pour que les Congolais exercent leurs droits constitutionnels. La démocratie a un coût, certes, mais le réalisme nous impose ce constat : le cordon de la bourse extrêmement délié laisse voir que même en raclant la caisse, il est inimaginable que notre pays s’en sorte indemne en prenant en charge la bagatelle d’un milliard deux cent millions de dollars américains. L’économie mondiale est sur le recul cette année et les perspectives annoncées ne sont pas de bon augure. Il faudra donc revoir à la baisse les ambitions dans tous les secteurs. La pensée unique ne pourra pas apaiser les esprits tant les adeptes du refus à tout crin ne proposent aucune solution alternative quant au bouclage du budget électoral. Il y a donc nécessité de s’asseoir autour d’une table pour scruter les possibilités de s’en sortir à bon compte et de façon consensuelle.

Cet ensemble de problèmes ne pourra se résoudre comme par enchantement ni par un coup de bâton magique. Il faudra de la réflexion. Il faudra se creuser les méninges pour y trouver des solutions. Ce ne sont ni les invectives, ni les philippiques incendiaires encore moins les déclarations tonitruantes et impétueuses qui viendraient à bout de la lancinante question d’élections apaisées. Ce ne sont pas les négociations à distance et parfois par médias interposés à travers des déclarations d’intentions et d’analyses en solitaire quelque savantes qu’elles soient qui régleront le problème. Il faut avoir le courage de se mettre ensemble pour débattre en sachant que les dés ne sont nullement pipés car chacun garde sa lucidité et sa liberté de conscience. Personne ne sera envoûté au cours des assises du dialogue politique national. Tout le monde y défendra son point de vue et sa vision des choses.

Le dialogue n’est pas une fin en soi, il n’est pas un objectif en lui-même. Le dialogue est un moyen pour que ce qui adviendra demain soit la conséquence d’un entendement commun. Le dialogue n’est qu’un instrument au service de la nation en ce qu’il permet d’amorcer ensemble le tracé de l’itinéraire que suivra notre destin commun sans qu’aucune solution ne soit imposée par un groupe contre un autre. Il n’y a ni vainqueur ni vaincu dans un consensus. Tout le monde est gagnant et tout est bénéfice dans un dialogue national. Le dialogue est la certitude que rien ne se fera contre soi car les absents ont toujours tort car ils croient que leurs intérêts sont bafoués au profit de l’égoïsme des présents. Même lorsque les solutions proposées sont bénéfiques, les absents risquent de trouver à redire tant la perfection n’étant de ce monde, tout leur paraîtra truqué. Pour parer à une telle éventualité, l’intelligence commande que l’on apprenne à défendre soi-même ses intérêts ou sa vision des choses.

Toutes les couches sociales avaient été consultées par le Chef de l’Etat. L’unanimité n’étant pas possible en démocratie à l’échelle d’une nation, on peut considérer que la volonté populaire s’est exprimée et la légitimité des assises prochaines est assurée. Le peuple congolais a ainsi démontré sa maturité car il sait, pour en avoir souffert toute son histoire durant, qu’il vaut mieux discuter avant plutôt que lorsque l’hécatombe est advenue. L’histoire de notre nation enseigne que chaque fois que les Congolais se sont trouvés à un tournant historique, ils en ont toujours appelé au dialogue sous diverses dénominations. Lorsqu’ils n’ont pas emprunté cette voie, des cycles de violence ont obstrué l’horizon du développement national. Bien plus, chaque fois que les Congolais sont allés aux élections sans en baliser le chemin de graves violences ont éclaté. Ainsi, les premières élections de 1960 ont été suivies de la sécession du Katanga et de celle du Sud-Kasaï. Les élections de 1965 avaient été suivies du coup d’Etat militaire après que la majorité ait éconduit par deux fois le candidat Premier ministre présenté au Parlement par le Président de la République.

Les élections de 2006 avaient donné lieu à des violences et à une guerre en pleine ville de Kinshasa. Déjà pendant la campagne électorale, la Cour Suprême de justice fut victime d’un incendie volontaire, alors que cette institution était censée proclamer les résultats définitifs desdites élections. Les élections de 2011 avaient aussi donné lieu à plusieurs foyers de violences et s’étaient déroulées dans une ambiance mortifère. Des actes attentatoires à la concorde nationale et l’incivisme avait tôt fait d’entamer l’autorité de l’Etat au point où la rébellion du M23 se permettra de justifier son aventure par le besoin de rétablir sa vérité des urnes. Un responsable politique ne peut passer sous silence de telles évidences en versant dans un extrémisme injustifiable pour avoir des élections dont les résultats seraient biaisés du fait d’autant d’incongruités qui jalonnent le chemin qui y mène.

L’appel de la nation n’est pas l’expression d’un désespoir. Loin de là : il s’agit d’un appel courageux et réaliste d’un peuple mature qui exhorte la classe politique à prendre ses responsabilités devant l’Histoire. Ceux qui resteront sourds - à ce tocsin que sonne le peuple souverain - seront rattrapés par leurs turpitudes. La marche du pays ne peut se laisser embourbée dans la logorrhée somme toute pathétique de la classe politique. Le peuple en appelle à la sagesse de tous pour le sortir de ce tracas où des impondérables s ‘imposent sur le processus de ses droits politiques. C’est là aussi la responsabilité des politiques à avoir le courage d’attaquer de front les problèmes qui taraudent l’élan populaire. Il est inutile de se cacher sous la table lorsque qu’on attend de la classe politique sa capacité à être une instance de solution et non une éternelle esplanade de pyromanie.

Le parti du peuple exhorte les uns et les autres à poursuivre courageusement la marche en avant et permettre que le peuple voit une autre image de sa classe politique capable de taire ses divergences lorsque les intérêts vitaux du pays sont en jeu. L’histoire en créditerait positivement les acteurs politiques actuels. Ils auront en effet fait honneur à une longue tradition de conciliabule chaque fois que l’union était requise que l’expression partisane. Il y a tout à gagner en discutant. De l’harmonisation proviennent des atouts qui consolident une nation et rectifie avantageusement sa trajectoire vers un futur consciencieusement construit.

Pour le
Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD)
Professeur Henri MOVA Sakanyi

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